Emploi, RH

L’évolution de la fonction RH

Vaste et complexe question que celle qui m’a été posée récemment par la coordinatrice du pôle RH d’une haute école de Bruxelles.

Essayons d’y répondre intuitivement en commençant par le contexte dans lequel évoluent les organisations.

Le contexte

Tout d’abord, posons comme cadre, l’évolution du contexte général qui touche les organisations :

1. La révolution numérique. Saas, Big Data et autres « transitions numériques ». Termes qui témoignent de l’émergence de technologies permettant d’exploiter un grand nombre de données liées à l’inter-connectivité des membres de l’organisation et de l’organisation elle-même.

2. Un contexte économique, technologique et social en constante évolution qui impose une plus grande flexibilité, même aux entreprise les plus ancrées dans leur secteur. On parle d’agilité ou de flexibilité organisationnelle. Conséquence : des changements de tout ordre bien plus fréquents.

3. La communication omni-présente qui impose un très haut niveau de transparence aux entreprises. Celles-ci ne peuvent plus se permettre de ne pas communiquer sur ce qui s’y passe en son sein. La frontière entre l’entreprise et son milieu devient plus floue, plus fragile en conséquence de quoi, les organisations font de « l’employer branding ». Mais si l’entreprise doit être ouverte au monde, elle doit, selon moi, également être plus attentive et impliquée dans le monde qui l’entoure.

4. L’enjeu du bien-être des travailleurs marqué par son institutionnalisation croissante au sein des organisations en réponse à l’augmentation des maladies psycho-sociales.

Enfin, on ne peut évoquer l’évolution des Ressources Humaines sans parler d’externalisation de ses fonctions supports. Qu’on y adhère ou pas, « l’entreprise libérée » imagine déjà l’organisation de demain, débarrassée de tous ses postes supports, RH compris, remplacés par la technologie et la montée en compétence des responsables opérationnels.

Les tendances

De fait, les RH vont évoluer tant quantitativement que qualitativement. Quantitativement car, technologies et contraintes économiques verront le nombre de travailleurs RH diminuer. Qualitativement car les RH devront monter en compétence.

L’évolution de la fonction RH s’entrevoie selon quatre axes :

– Les RH, facilitateurs du changement : évolutions des compétences, agilités organisationnelles, restructuration et développements;

– Les RH, Chefs d’orchestre au choeur du positionnement de l’entreprise entre la com, le marketing, le pôle RSE et l’organisation elle-même;

– Les RH, responsables du bien-être des collaborateurs;

– Les RH en mode Projet : délaissés de ses postes les plus exécutifs, le responsable RH devra mener ses missions en mode projet;

La formation des futurs travailleurs en Ressources Humaines devra nécessairement suivre ces tendances en intégrant les éléments les plus importants : accompagnement du changement, méthodes de gestion de projet, bien-être et enfin, compétences transverses (marketing, communication, etc.).

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Actualité, Billet d'humeur

Charlie Hebdo: un autre regard sur la liberté d’expression.

Le massacre perpétré mardi chez Charlie Hebdo est un véritable tremblement de terre. Cet attentat ignoble commis en plein cœur de Paris m’a profondément touché.

Au-delà des morts, des cris et des larmes, ce sont nos démocraties occidentales qui ont été touchées en plein cœur. Un groupe d’hommes a décidé que nos lois (qui sont aussi les leurs) ne leur étaient pas suffisantes. C’est intolérable.

Aujourd’hui, plus que jamais, il nous faut nous rappeler les deux valeurs fondamentales qui sont à la base de nos sociétés de Droits : la liberté et l’égalité. Deux principes démocratiques indissociables, portés par la Révolution française, et qui se trouvent pourtant déjà opposés dans bon nombre de réactions aux crimes perpétrés ce mardi.

Certains brandissent déjà haut et fort la seule liberté d’expression face aux kalachnikovs de l’obscurantisme et s’insurgent contre toute forme de censure. Ce qui était hier encore un journal satirique, provocateur et, il faut bien le dire, quelques fois dérangeant, est accroché aujourd’hui sur le porte-étendard d’une croisade contre toutes formes de limites à notre liberté d’expression.

Il est non seulement essentiel de conserver le plus grand respect pour toutes les minorités culturelles ou religieuses de nos pays, mais aussi de conserver un certain débat vis-à-vis de la liberté d’expression dans une perspective d’égalité. Le Droit tel qu’il a évolué depuis la Révolution française tend à défendre tant l’égalité des hommes et de femmes que la liberté d’expression.

Nos garde-fous législatifs nous ont permis de mettre en lumière des questions sur les limites de la liberté d’expression. En laissant au juge l’appréciation du caractère haineux ou raciste, sans édicter de règle absolue ou de code de bonne conduite, la loi permet d’ouvrir des débats qui prennent place bien avant les conclusions juridiques. Par cette zone grise législative, le législateur a réussi à ouvrir des discussions que nous n’aurions probablement jamais eues s’il n’y avait lieu qu’à tenir compte d’une sacrosainte liberté d’expression. Et force est de constater que ce ne sont plus tant les juges qui jouent aujourd’hui le rôle de garde-fous, mais les débats et le questionnement qui précèdent toute démarche juridique.

Ainsi, nous vivons dans une société qui s’interroge perpétuellement sur ce qu’il y a lieu de dire et de ne pas dire, sur ce qu’on a lieu d’exprimer publiquement ou de garder pour soi, dans le respect de l’autre, et ce, bien avant qu’une autorité ne s’en saisisse. Et force est d’ailleurs de constater que, dans les faits, les juges ont bien peu à se prononcer sur la liberté d’expression, car les débats publics font déjà fonction de régulateurs dans un grand nombre de cas. La loi, par la simple crainte de ses conséquences, permet aux médias, aux politiques et à tout citoyen d’interpeler, de débattre, de discuter de questions de fond qui semblent plus importantes que jamais dans notre société actuelle.

Oui, on a le droit de trouver que certains vont trop loin dans leurs caricatures, oui, on a le droit de s’insurger contre les conférences de certains polémistes, oui on a le droit de trouver que certains mots, certaines idées ne devraient pas être prononcées publiquement. On a le droit de le dire, d’en discuter et d’en débattre. Et ce droit nous est garanti par la loi.

Je ne veux pas d’un monde où l’égalité est subordonnée aux libertés individuelles. Je ne veux pas d’un monde où l’expression des uns signifie la discrimination des autres, sans droit de recours. Rappelons-nous que les États-Unis, défenseur de la liberté d’expression par excellence, font face aujourd’hui à une énorme vague de protestations qui ne sont probablement que le sommet émergent de l’iceberg des discriminations raciales.

Les provocateurs et les lois anti-discrimination doivent donc continuer de coexister. Ils sont indissociables les uns des autres. Enlever l’un, c’est se priver d’un débat essentiel qui ne nait que par la contradiction provoquée entre ces deux logiques opposées.

Le salut de notre société ne vient pas uniquement de notre capacité à nous exprimer librement, mais surtout de notre capacité à nous poser des questions de fond, à débattre et à remettre nos règles en question.

Charlie Hebdo a été bien plus qu’un pourfendeur de la liberté d’expression. Ces hommes et ces femmes auront provoqué la polémique sur notre propre société, sur notre respect de l’autre, sur la place que nous souhaitons faire aux musulmans et aux minorités religieuses. En allant – peut-être, parfois – trop loin, Charlie a participé à la conscience collective. Rendons leur hommage aussi en ce sens.

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Actualité, Emploi

One Day Interim: grotesque et manipulation façon FGTB.

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(source: Onedayinterim.be)

C’est ce lundi que la FGTB a décidé de lancer une campagne contre les contrats intérimaires journaliers. Mais cette fois ci, pas de tracts distribués à la sortie de la gare ou d’affiches d’information. Le syndicat socialiste a mis sur pied un canular en lançant « One Day Interim », une fausse agence d’intérim soi-disant spécialisée dans les contrats journaliers.

À grands coups de communication, la fausse publicité vante les mérites du contrat à la journée pour les entreprises autant que pour les travailleurs.

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(source: Onedayinterim.be)

Après avoir dénoncé l’arrivé sur le marché de ce sois-disant nouvel acteur, la FGTB ne tarda finalement pas à avouer être l’instigatrice de cette vraie fausse campagne de communication lancée dans le but de dénoncer les contrats journaliers dans le secteur de l’intérim. L’approche n’aura pas manqué de faire réagir la presse, mais surtout Federgon, la fédération des prestataires de service RH.

Voilà pour le résumé de l’actualité. Pour plus de détails sur cette actualité, je vous laisse consulter ici les très nombreux articles parus dans la presse belge cette semaine.

Le syndicat socialiste soutient que six contrats sur dix sont encore des contrats journaliers et revendique l’interdiction pure et simple de ce type de contrat. Le communiqué de la FGTB est à lire ici.

Que cachent en réalité ces chiffres ? Pour le comprendre, il faut revenir aux prémices de l’intérim.

Les premières sociétés de travail temporaire seraient apparues dès le début du 20ème siècle, selon les sources, au Royaume-Uni ou aux États-Unis afin de répondre à un besoin de main-d’œuvre pour une durée déterminée. En Belgique, le travail intérimaire trouve une reconnaissance juridique dans les années ’70. Étant au départ principalement un instrument de flexibilité numérique dédié au secteur industriel, l’intérim s’est depuis adapté à la désindustrialisation en suivant deux grandes tendances :

  1. Un développement accru dans le secteur des services et orienté vers des profils de plus en plus qualifiés.
  2. Le développement de services à plus forte valeur ajoutée : recrutement, outplacement, assessment center, etc.

Autrement dit, les 173 entreprises de travail intérim que compte notre pays cherchent par tous les moyens à pérenniser leurs activités malgré la crise économique. Rappelons au passage que le secteur de l’intérim a été le premier impacté depuis 2008. Véritable baromètre économique, le secteur a accusé des chutes vertigineuses jusqu’à 25% dès le début de la crise. (source Federgon)

Mais ces tendances sont apparues déjà bien avant la crise. Avec la baisse progressive des marges réalisées sur la mise au travail d’ouvriers manutentionnaires dans l’industrie, les agences d’intérim ont pris une partie de la place laissée par des bureaux de recrutement devenus trop chers et trop élitistes. En proposant à leurs clients de leur trouver des candidats qualifiés en vue d’un contrat fixe, elles misent sur des contrats de plus longue durée et sur des prix de facturation plus élevés.

En 2013, notre pays a ainsi connu plus de 500 000 travailleurs intérimaires pour 304 heures prestées en moyenne par intérimaire (38 jours en moyenne à raison de 8 heures / jour). 37% étaient des étudiants, suivis de près par les ouvriers (36,6%) et par les employés (26,6%). 60% avaient moins de 25 ans. Pour 44% des travailleurs intérimaires de 2013, l’intérim était une activité annexe combinée avec pour la plupart avec des études.

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(source Federgon)

Les « springboarders », autrement dit, les intérimaires qui tentent de trouver un emploi fixe grâce à l’intérim représentent près de la moitié des intérimaires. En second lieu, on retrouve les travailleurs qui cherchent un salaire d’appoint devant les travailleurs en quête d’expérience utile.

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(source Federgon)

Tous ces chiffres et bien d’autres sont à retrouver sur le rapport complet de Federgon pour l’année 2013.

Ce que les chiffres ne disent pas, c’est que le travail intérimaire est parfois synonyme de précarité pour certains travailleurs. Contrats d’intérims sans lendemains, enchainements de missions sans pouvoir signer de contrat fixe, avenirs incertains, etc. Il est pourtant difficile d’affirmer que la vie de ces travailleurs serait sensiblement meilleure dans un marché du travail exempt de contrats de travail intérimaires.

En juillet de cette même année, la législation relative au travail intérimaire a connu une petite révolution. La convention collective de travail, signée par les partenaires sociaux (donc aussi par la FGTB), prévoit un certain nombre de dispositions relatives aux contrats journaliers successifs. Ceux-ci doivent dès l’application de la CCT, en septembre 2013, être justifiés dans le chef de l’entreprise utilisatrice. Les entreprises, en outre, doivent suivre une procédure d’information stricte qui inclut des dispositions de recours qui inclut les partenaires sociaux au sein de l’entreprise ou à défaut, au sein de la commission paritaire. Rappelons que les commissions paritaires rassemblent, à parts égales, associations représentatives des entreprises et syndicats. Enfin, et je m’arrêterai là en ce qui concerne la législation, une évaluation biannuelle est prévue par le Conseil National du Travail quant à l’utilisation des contrats journaliers successifs. Ici aussi, toutes les explications sont à retrouver sur le site de Federgon, mais la FGTB en parlait aussi en 2013 et semblait d’ailleurs s’en réjouir.

alors, que peut-on tirer comme conclusions de tout cela ?

La FGTB dénonce l’utilisation des contrats intérimaires journaliers alors qu’elle a été elle-même associée à la mise en place du cadre juridique. Cadre qui, rappelons-le, établit des règles claires et prévoit des procédures de recours pour les représentations syndicales. Elle le fait tout juste un an après sa mise en application alors même qu’une évaluation est prévue en 2015.

Les chiffres ensuite : selon la FGTB, 6 contrats intérimaires sur 10 seraient des contrats journaliers. C’est possible. Mais il faut, à la lecture de ces chiffres, prendre en compte d’autres chiffres et considérer d’abord qu’un tiers des intérimaires sont des étudiants, qu’une partie seulement des intérimaires utilisent l’intérim comme tremplin pour trouver un emploi et qu’il faut 5 contrats journaliers pour faire une semaine. Sachant cela, le nombre de travailleurs non étudiants étant employé sous contrats journaliers successifs baisse drastiquement. Le syndicat se garde bien aussi de mentionner la période de référence sur laquelle elle a tiré ces chiffres. La mesure limitant l’utilisation de contrats journaliers successifs étant entrée en vigueur au mois de septembre 2013, il serait grotesque pour le syndicat d’utiliser les chiffres de cette année-là. Mais à y regarder de plus près, c’est pourtant bien ce qu’elle a fait !

Enfin, sur le fonds, la FGTB démontre ici toute son incapacité à comprendre le secteur de l’intérim.

Premièrement, il est grotesque d’imaginer une agence d’intérim se spécialiser dans les contrats journaliers alors que l’ensemble du marché travaille d’arrachepied depuis plus de dix ans à proposer une offre qui lui assure des rentrées régulières et des marges suffisantes.

Ensuite, il existe une série de cas où le recours aux travailleurs flexible à la journée est une nécessité. Le remplacement de personnel absent, la réalisation de travaux exceptionnels, la hausse momentanée de production, l’embauche d’étudiant pour le mercredi après-midi, etc. Quand on sait que 44% des intérimaires exercent leur activité d’intérimaire à titre secondaire, les priver de cette activité aurait probablement des répercussions aussi graves que pour les entreprises.

Finalement, il ne faut pas ignorer que certains secteurs dépendent littéralement de cette mise à disposition de travailleurs à la journée. Le secteur de l’HORECA ou des soins infirmiers sont deux exemples parmi d’autres.

Alors, oui, il faut défendre les droits des intérimaires et chercher à diminuer les abus de la part des entreprises. Mais non, flinguer tout ce qui bouge au travers d’une propagande grossière et provocatrice ne fera pas avancer les choses. Pire, la FGTB a réussi ici à se décrédibiliser auprès de ceux qui n’avaient pas besoin de mon article pour lire entre les lignes et à mettre à mal sa relation avec les autres acteurs sociaux.

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Aujourd’hui, je vais au boulot à vélo !

Quelques jours après la semaine de la mobilité d’une des villes les moins mobiles du monde, il est de bon ton de se poser la question : alors, se déplacer quotidiennement en vélo à Bruxelles, ça donne quoi ?

Les plus optimistes diront que la question n’est pas légitime. Dans une ville citée régulièrement au hitparade des villes les plus embouteillées, l’écomobilité devrait être un véritable leitmotiv pour les politiques. Pour ceux qui ne vivent pas au cœur de l’Europe, Levif.be écrivait encore récemment « La Belgique, championne du monde des embouteillages ». D’ailleurs, notre petit pays ne compterait pas une, mais deux villes dans le trio des villes les plus bouchées.

Et la situation n’est pas près de s’améliorer. Selon l’INRIX, institut spécialisé dans l’analyse du transport dans le monde, la situation en 2013 est pire qu’en 2012.

Désengorgement, zéro émission de gaz et aucune pollution sonore, les motifs ne manquent donc pas pour investir dans la mobilité à vélo. Et je ne parle pas ici de faire 500 mètres sur un Villo dont le poids sur une côte de 2% suffirait à fatiguer les plus sportifs. Non, non, je parle ici de traverser Bruxelles sur plusieurs kilomètres par jour.

Analyse !

Avant de parler de Bruxelles, commençons par quelques notions qui concernent le cycliste. Le cycliste urbain quotidien ou « vélotaffeur » est quelqu’un qui :

  • N’aime pas les dénivelés.
  • Apprécie les routes en bon état et uniformes. Par ailleurs, le cycliste se méfie des trous, trottoirs, nids de poules, rails de tram et toutes les petites différences de niveau.
  • N’apprécie pas plus de remonter une foule de piétons qu’une file de voitures.
  • N’aime pas s’arrêter. Quand on avance grâce à l’inertie produite par nos mollets, le moindre démarrage coute beaucoup d’énergie. Changer de vitesse à l’arrêt n’est pas possible sur la plupart des vélos et si certains systèmes de changement de vitesse dans le moyeu le permettent, ils rajoutent un poids considérable au vélo.

Et Bruxelles dans tout ça ? Abordons la question par ce qui ne changera jamais : Bruxelles n’est pas une ville plate. La capitale compte un bon nombre de montées (et de descentes) souvent incontournables pour traverser la ville. D’ailleurs, j’ai bien peur qu’il ne faille chercher du côté de la géologie pour expliquer les très nombreuses montées (et descente) de la capitale. Conclusion : il faut de bons mollets pour traverser la ville !

Quant à l’état de la route, on ne peut pas dire qu’on soit bien servi à Bruxelles. Les revêtements sont divers et nombreux. Entre les pavés et les rails de tram, le cycliste a droit à une multitude de revêtements du plus sécurisant au plus dangereux-de-la-mort-qu’il-faut-aborder-avec-précaution. Certains tronçons vous feront les bras, d’autres vous obligeront à développer votre agilité. Malheureusement, il n’existe pas encore de vélo solide, doté de suspensions ad hoc, rapide et léger. À vous de trouver le meilleur compromis en fonction de votre trajet.

L’uniformité ensuite : à Bruxelles, il existe autant de hauteur de trottoir que de trottoir, depuis le plus infranchissable jusqu’au plus insignifiant.

Enfin, sachez qu’il n’y a pas qu’en Wallonie que les routes ressemblent à du gruyère. Bruxelles n’est pas mal dans son genre non plus. Vient ensuite la place que le cycliste doit prendre sur la route.

Oubliez donc votre vélo de course full carbone à plusieurs milliers d’euros. À moins de passer la moitié de votre temps à porter le vélo à l’épaule, j’ai bien peu qu’il faudra se contenter de votre bon vieux VTT, VTC ou d’un vélo hybride.

La ville n’est pas exempte de « vraie » piste cyclable, mais celles-ci sont rarissimes. La plupart du temps, il faudra se contenter d’un vague dessin de vélo sur la route qui rappellera, peut-être un temps, à l’automobiliste qu’il doit partager la route. Mais en toute honnêteté, on aurait pu s’épargner cette peine, tant la mesure est globalement très inefficace.

En outre, les pistes sont extrêmement disparates. Sur quelques centaines de mètres on a souvent droit à un bout de piste cyclable, quelques mètres sur le trottoir avant d’être rabattu sans crier gare sur la route. Sur les grands axes, les pistes sont souvent mal indiquées et il vous faudra bien souvent vous contenter d’un passage piéton pour passer d’un axe à l’autre. Oubliez donc les grandes pistes cyclables qui traversent Bruxelles, vous mettant à l’abri des autres usagers. Cela n’existe tout simplement pas !

Enfin, la ville compte un certain nombre d’absurdités qui font régulièrement le buzz sur le net : piste entrecoupée de poteaux d’éclairage, trottoir infranchissable qui entrecoupe la piste, piste dont le revêtement la rend inutilisable,… Bruxelles ne semble heureusement pas être la seule ville à rassembler quelques absurdités.

Venons-en maintenant au troisième point : Si le cycliste n’aime pas se confondre avec les automobilistes sur les grands axes routiers – sécurité oblige – les trottoirs sont un défi permanent. Vous avez dit trottoirs ? Oui. Bruxelles compte un grand nombre de « pistes » cyclables qui sont situées sur le trottoir. La rue de la Loi est le parfait exemple de cette absurdité bruxelloise. Les cyclistes y sont obligés de rouler au pas au risque d’approcher les piétons d’un peu trop près.

Un constat s’impose, Bruxelles privilégie depuis des années les automobilistes. Comment laisser un maximum de voitures sur la route ? En consacrant le maximum de place à ces voitures et en plaçant le moins possible d’obstacle, de signalisation ou de contrainte. La circulation à Bruxelles est devenue de plus en plus sauvage, basée sur des règles tacites et une vigilance permanente. Certains croisements sont d’ailleurs propices à ce qu’on pourrait appeler un « accident en droit volontaire ». Les véhicules qui sont prioritaires ont tout autant intérêt à faire preuve de vigilance que les autres véhicules pour éviter l’accident. Le parking en double file fait également partie de ces plaies qui ne facilitent pas la vie des autres usagers (cyclistes comme automobilistes). Dans cette jungle urbaine, comment dès lors en vouloir aux automobilistes de ne pas porter suffisamment d’attention aux cyclistes ? Et comment en vouloir aux cyclistes de se détourner des trop rares pistes mises à disposition en s’insérant sur la route parmi les véhicules motorisés ?

L’équation composée ainsi d’automobilistes hyper concentrés (dans tous les sens du terme) et d’un nombre croissant de vélos circulant partout où ils le peuvent donne lieu logiquement à une augmentation croissante du nombre d’accidents et à une tension accrue entre usagers de la route.

Côté cyclistes, ce graphique, fourni par l’IBSR, résume toute la gravité de la situation :

Graphique IBSR

Je laisserais soin à ceux qui veulent en savoir plus de consulter le rapport complet à cette adresse.

Quelles solutions ?

  1. Attribuer une véritable place au cycliste. Ce n’est que de cette façon que cyclistes, automobilistes et piétons circuleront en harmonie. Les piétons ont d’ailleurs déjà droit à un trottoir qui les sépare des autres véhicules, il est temps de faire de même pour les vélos !
  2. Réfléchir à des pistes cyclables de plus grande ampleur et reliées entre elles.
  3. Contraindre les automobilistes au travers d’une signalisation plus sévère pour éviter la conduite sauvage.

Alors, finalement, aller en vélo au boulot, mauvaise idée ? Pas nécessairement. Une situation n’étant pas l’autre, le trajet devra faire l’objet d’une analyse précise et le choix de l’équipement se fera en conséquence. De bons mollets et une bonne dose de courage – selon le trajet – ne seront pas de trop.

Mais tant que les autorités ne commenceront pas à penser la mobilité autrement, rouler à vélo à Bruxelles restera un défi.

Pour aller plus loin: 

Le film Brussels Express
(D’autres liens bientôt disponibles)

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Emploi

Aujourd’hui, je m’inscris en tant que chômeur, partie 2.

Cet article est la suite de la première partie disponible ici

Armé de mon précieux C4 et de mon attestation d’inscription chez Actiris, je me lève de bon matin (comprenez : avant 8 h. Pour un chômeur, c’est déjà pas mal). Deux semaines après ma première tentative, me voici à nouveau en route vers mon syndicat, la CSC, pour y faire une demande d’allocation de chômage.

Cette fois, j’ai prévu le coup : je n’arrive pas 30 minutes à l’avance, mais près d’une heure avant l’ouverture ! À cette heure-là pensais-je, les gens-qui-ne-font-rien sont certainement encore en train de dormir et je serais dans les premiers.

Quelle n’est pas ma surprise de voir qu’une quarantaine de personnes est déjà sur place, tout autour du couloir, disséminé sans ordre apparent ! Je décide de m’assoir également en me demandant comment nous allons faire pour passer dans l’ordre d’arrivée. (Pour rappel, la précédente machine à ticket avait été démantelée pour cause de « trafic » et revente de tickets.) D’autres personnes arrivent et font comme moi. Une jeune femme avec un enfant ne sait pas où s’assoir. Une autre femme assise depuis un moment se met à parler fort en s’adressant à tout le monde : « Qui était avant madame ? » Personne ne répond. Et la voici qui reprend : « Il faut s’annoncer quand on arrive ! Et demander qui était là avant. Sinon, c’est le foutoir ici. » Toujours pas de réponse.

Quelques minutes plus tard, un homme arrive et fait remarquer à un jeune qu’il lui a pris sa place assise. Le ton monte et les paroles s’envolent. D’autres s’en mêlent pour calmer les belligérants.

8 h 30, une demi-heure avant l’ouverture, une nouvelle personne entre dans le couloir. Soudain, en une fraction de seconde, les gens s’observent. Il suffit ensuite d’un souffle pour que plusieurs personnes se lèvent en même temps et se ruent vers le guichet, suivies par le reste de la troupe. Je n’ai pas le temps de comprendre que, déjà, les gens s’amoncèlent et forment un groupe compact devant la porte close du guichet.

Je suis parmi les derniers. Ça valait bien la peine d’être parti si tôt.

Je n’ai pourtant pas le temps de réfléchir qu’à nouveau, les esprits s’échauffent. Une femme d’une trentaine d’années, au milieu de la file, accoste durement une personne devant elle qui ne veut pas la laisser passer. Elle a un ticket, dit-elle, en brandissant un bout de papier sur lequel est noté à la main un numéro. Une autre femme réplique qu’elle a, elle aussi, un numéro, brandissant à son tour un bout de papier. « Nous étions là à 6 heures du matin pour qu’on nous donne ce ticket ! » Alors que l’autre répond, « je m’en fous de ton papier. Il n’y a jamais eu de tickets ici ! »

J’apprends donc que certains viennent très tôt à l’aube pour être certains de passer rapidement.

Au même moment, un responsable de la CSC traverse par hasard le couloir, mais hâte directement le pas pour fuir la conversation. Une personne l’aborde pourtant en le questionnant sur ces tickets. L’homme répond qu’il n’en sait rien, il n’y a jamais eu de distribution de ticket. Il s’agit surement de quelqu’un qui l’a fait de sa propre initiative.

Il faudra de longs échanges musclés pour que le calme revienne sans aucune intervention extérieure. Finalement, le guichet s’ouvre à 9 heures comme prévu et les gens ont vite fait d’oublier ce qui s’est passé.

Il est près de 11 heures lorsque je me retrouve devant le guichet. Après quelques minutes, on me remet un numéro qui me permettra de faire à nouveau la file, mais cette fois-ci, assis.

En effet, le couloir dans lequel je me trouve n’est qu’une salle d’attente. Le guichet est le premier point de contact. En fonction de la raison pour laquelle nous nous présentons, la personne qui tient le guichet nous remet un numéro qui permettra ensuite de rejoindre un conseiller à l’intérieur.

« L’agressivité est intolérable »

Je prends mon mal en patience lorsque j’entends des cris provenant de l’intérieur. Un homme, vraisemblablement désespéré, sort de ses gonds et s’en prend à un conseiller. L’échange dure quelques minutes lorsqu’une demi-douzaine de policiers arrive pour interpeler l’individu.

Le reste de l’assemblée reste calme. Je semble être le seul qui s’étonne de la situation.

L'agressivité est intolérable

Il est midi, après quatre heures d’attente, mon tour arrive enfin. Je rentre et je présente mon dossier au conseiller. Celui-ci m’accueille, austère, en me demandant mes documents.

Je l’interroge sur l’incident survenu quelques minutes auparavant en lui demandant son avis. « Vous savez, lorsqu’on met les gens dans des situations désespérées, ils finissent par péter les plombs, c’est normal », me répond-il.

Finalement, mon dossier est validé. Je ressors avec quelques cartes de contrôle et une feuille reprenant les dates de remise de ces cartes.

Dès ce moment, mon nouveau job consiste à chercher un emploi, conscient que mes allocations dépendent de l’ardeur à laquelle je m’y attèle. Je suis évidemment conscient des obligations qui m’incombent, mais je n’ai aucune idée des critères sur lesquels je serais « jugé » en tant que demandeur d’emploi. Mon conseiller n’en sait rien non plus. À ce jour, un mois après ma demande, je n’ai reçu aucune information, aucun e-mail, aucune lettre d’Actiris.

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Développement personnel

Trois clés pour réussir (presque) tous ses projets

Ces dernières années, j’ai entrepris plusieurs projets personnels que j’ai mené jusqu’à leur terme. Je ne m’attarderais pas ici sur ces projets. Pas question donc de verser dans le nombrilisme narcissique, l’article est déjà assez long comme ça.

Toutefois, la question m’a été suffisamment posée pour qu’elle ait suscité ma propre curiosité: « m’enfin, tu fais comment? »

Loin d’avoir toujours été celui à qui tout réussissait, j’ai plutôt été longtemps celui qui commence mais qui ne termine pas. Avec, comme résultat, au mieux l’abandon, au pire l’échec cuisant. Une des rares choses que j’ai très vite appris à terminer, c’est mon assiette. Il m’aura par contre fallu près de trente ans pour arriver à perdre les kilos accumulés, mais comme je l’ai déjà dit, l’article est déjà assez long comme ça. Sachez donc, ami lecteur, que je ne suis pas né avec la capacité intrinsèque de réussir, quand d’autres seraient nés avec deux mains gauches.

Précisons directement les choses: le terme « projet » est à prendre au sens le plus large. Wikipedia définit d’ailleurs le projet comme « […] un ensemble finalisé d’activités et d’actions entreprises dans le but de répondre à un besoin défini dans des délais fixés et dans la limite d’une enveloppe budgétaire allouée ». Tout projet est précédé par une décision qui définit l’intention ou l’orientation que l’initiateur du projet souhaite lui donner. Apprendre à jouer d’un instrument, entamer des études, décider de s’occuper d’un membre de la famille ou passer son permis de conduire sont autant de projets personnels qui rentrent dans cette définition.

Nous essayerons donc de trouver les facteurs de réussite d’un projet en général. Mais avant de commencer, il faut retirer tous les aspects psychologiques et environnementaux de la réflexion. Je n’ai plus le même âge qu’avant, j’ai gagné en confiance et en maturité (du moins, je l’espère), et je vis dans un environnement équilibré et stable. Grosso modo, j’ai assouvis les besoins les plus élémentaires de la pyramide Maslow et j’ai fait preuve de la volonté et de la motivation nécessaire. Si vous sentez maintenant venir le désir ardent d’aller au petit coin, allez-y tout de suite.

Par ailleurs, je n’ai pas la prétention de venir avec une solution miracle qui résoudrait tous les problèmes. (Oui, je sais, le titre de cet article est digne d’un hebdomadaire féminin.) Nous partirons donc du principe que vous aussi, ami lecteur, vous êtes dans une situation propice au lancement de nouveaux projets. Et si vous êtes incapable de savoir si vous êtes bien dans une telle situation, je vous conseille d’abord la lecture de quelques hebdomadaires féminins.

Organiser, Mesurer, Socialiser

La recette tiens donc en trois mots: Organiser, Mesurer et Socialiser.

Commençons pas la premier ingrédient: organiser. Vous êtes à l’aube d’un nouveau projet et vous ne savez pas par où commencer ou vous êtes complètement dépassé au beau milieu d’un projet. Dans les deux cas, commencez par organiser votre temps et votre environnement.

OrganisationDenis Boquet. Image sous licence Creative Commons. https://www.flickr.com/photos/66944824@N05/14249797057

Rangez les éléments dont vous aurez besoin et assurez-vous de les avoir à portée de main par la suite. Prenez un agenda et répartissez-y le temps que vous allez consacrer à votre projet. Notez-y également toutes les deadline et dates-clés. Même si votre projet relève du passe-temps, vous devez être prêt, dès maintenant à vous organiser un minimum. Aller courir le dimanche matin ne peut se faire que si vous réservez le temps nécessaire chaque semaine en préparant t-shirt, short et chaussures.

Évitez de faire trop confiance à votre mémoire et privilégiez l’utilisation d’outils (agenda). Vous souhaitez commencer des cours du soir? Notez-y dès aujourd’hui les dates d’examen et planifiez vos vacances en fonction, si nécessaire.

Quand viendra le moment de déterminer la quantité de temps et de moyens nécessaires à votre projet, les optimistes devront certainement prévoir un peu plus et les pessimistes un peu moins. Quant à moi, je préfère me rappeler ce que ma grand-mère disait toujours dans ces cas là: « mieux vaut prévoir trop que trop peu ».

Savoir où on est et où on veut aller

Votre projet commencera très souvent par une première prise de mesure. Vous souhaitez perdre du poids? Montez d’abord sur la balance. Logique, me direz-vous?

Mesurer implique d’avoir le bon outil de mesure et un ou plusieurs points de comparaison. Mesurer son poids, c’est bien. Mesurer son poids et connaître la différence qui sépare celui-ci de notre poids idéal, c’est mieux. Bien sûr, « mesurer » ne doit pas être pris au sens littéral. Il s’agira souvent d’évaluation subjective plus que de mesure.

Curieusement, bon nombre d’écoles, d’institutions ou de professeurs ne proposent d’ailleurs que ce seul et unique service pour vous aider à avancer dans votre projet ou pour le valider. C’est le cas des universités où l’organisation et la socialisation vous sont libres tandis que les évaluations sont gérés exclusivement par l’institution elle-même. Dans certains cas, il ne vous faudra donc pas mesurer vous-mêmes l’état d’avancement de votre projet. Je ne peux toutefois que vous conseiller de ne pas confier cette tâche totalement à un autre et de vous approprier les outils de mesure.

Mesurer

Olivier Bacquet. Image sous licence Creative Commons. https://www.flickr.com/photos/olibac/2328460189

Une fois le bon outil de mesure et le point de comparaison trouvé, il vous reste encore deux (mauvaises) excuses pour ne pas mesurer:

  • « Je préfère ne pas savoir ».
  • « On verra bien ».

Dans le premier cas, il faudra probablement vous forcer un peu et savoir mesurer régulièrement mais pas trop souvent afin de ne pas vous démotiver par un résultat qui tarderait à venir. Sachez en tout cas qu’il vous sera beaucoup plus dure d’avancer sans mesurer et qu’à terme, vous risquez de perdre confiance en vous. En tout cas, perdre du poids sans balance, améliorer son temps sans chronomètre ou construire une maison sans plan, c’est réservé aux blonds comme dirait Gad.

Échanger, discuter, s’entraider

Vous vous êtes lancé et vous avez parfaitement suivi les deux premiers préceptes jusqu’ici. Sachez qu’il reste un élément qui n’est pas toujours indispensable mais qui vous aidera certainement: la socialisation. Ici aussi, je ne prend pas le terme au sens stricte mais plutôt au sens qu’il évoque aujourd’hui, en 2014, par analogie aux nouvelles technologies de l’information.

Socialiser c’est échanger, discuter ou s’entraider. Cela peut être avec n’importe qui mais l’impacte de l’échange sur votre projet, n’en sera que plus fort si les personnes sont proches de votre projet. Pourquoi est-ce important? D’abord parce que l’individu est plus efficace lorsqu’il fait partie d’une équipe. L’être humain ne peut que difficilement vivre sans la présence de ses semblables.

Il y a un intérêt à la fois pratique à cet échange (astuces, entraide, nouvelles méthodes, connaissances, outils) mais également psychologique. Tout individu qui affirme quelque chose à quelqu’un, aura tendance naturellement à tenir sa parole. Si j’annonce à mon entourage que je souhaite apprendre à jouer du piano, il me semblera plus difficile d’y renoncer par la suite. Et cet effet sera d’autant plus fort que les personnes avec qui vous échangerez sont dans une situation proche de la votre ou font partie d’une communauté liée à ce projet. Ainsi, annoncer à un parfait inconnu que vous souhaitez devenir pianiste ou l’annoncer à votre famille qui compte d’illustres musiciens depuis votre arrière-grand-père, n’aura pas le même effet. (Je conseille d’ailleurs pour ceux qui souhaitent aller plus loin, la lecture de l’excellent livre « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Joule et Beauvois aux éditions Broché.)

Socialiser

Gideon. Image sous licence Creative Commons https://www.flickr.com/photos/malias/55229015

C’est d’ailleurs sur ce modèle que fonctionnent bon nombre d’organisations qui ont fait leur preuve. Prenons les Alcooliques anonymes. Il s’agit d’une organisation (donc, d’un groupement de personnes qui s’organisent) afin d’échanger entre eux leur expérience. Si leurs réunions se déroulent comme ce qu’on nous montre dans les films, chacun de leurs membres se présente et donne le nombre de jours (la mesure) depuis leur dernier verre.

En reprenant ce même exemple, il n’est pas évident de se lancer seul et de porter à bout de bras un nouveau projet. Certains projets sont parfois très personnels et s’accompagnent d’une phase difficile de notre vie. Certains événements ou périodes sont moins propices au dialogue et cette socialisation ne pourra peut-être se faire qu’au près d’une personne qui ne fait pas partie de vos proches. Quoi qu’il en soit, cet aspect ne devrait pas être négligé. Même s’il vous faudra du temps pour trouver la bonne oreille, celle-ci jouera certainement un rôle crucial.

Nous avons donc ici tous les éléments réunis: organisation, mesure et socialisation.

Les technologies à votre service

Nous avons donc vu jusqu’à présent l’importance de ces trois éléments dans l’accomplissement de votre projet, qu’il soit personnel ou professionnel.

Si après avoir réalisé un premier diagnostique de votre situation et que celle-ci s’avère plus grave qu’il n’y paraissait, il me reste une bonne nouvelle à vous annoncer. Les technologies actuelles vont très largement vous aider pour les trois principes dictés plus haut.

Question organisation, de l’agenda électronique à la plate-forme de gestion de projet, il existe presque une infinité d’outils à disposition pour organiser et gérer votre temps et vos ressources. La grande mode: les outils dédiés à certains projets de niche comme la gestion de votre cave à vin (Vivino), la musculation (Freeletics) ou encore la création du roadbook de votre prochain voyage (Tripolia). Chaque jour voit apparaître de nouvelles plate-formes en tout genre.

Et grâce à ces nouvelles technologies, plus besoin de vous réunir physiquement avec des gens qui partagent la même passion. Lorsque les outils n’intègrent pas directement des modules d’échange, les réseaux sociaux, forums et autres boards se chargent de vous mettre en contact avec d’autres passionnés. Vous pouvez dès aujourd’hui assumer pleinement votre passion pour l’accouplement des moustiques sud-africains avec d’autres spécialistes du monde entier.

Mais la grande révolution viendra certainement de la banalisation des outils de mesure en tout genre avec l’arrivée massive, dans notre entourage, des objets connectés. Entre la balance qui vous donne aujourd’hui déjà les courbes de poids de votre famille, le capteur de sommeil ou la smartwatch qui vous indique le nombre de pas parcourus, certains imaginent déjà des appareils capables de mesurer le nombre précis de calories d’un plat ou la quantité d’UV reçus lors de votre bronzette annuelle.

En fait, nous risquons bien de ne plus pouvoir nous passer de l’analyse permanente et omniprésente de toutes les données qui nous concernent.

Finalement, la difficulté de demain ne sera peut-être plus de s’organiser, de mesurer ou de socialiser mais tout simplement de « s’y mettre » pour éviter de procrastiner, assaillis par une quantité de choix et d’informations.

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Emploi

Aujourd’hui, je m’inscris en tant que chômeur, partie 1.

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« Le chômage peut être défini comme l’état d’inactivité d’une personne souhaitant travailler. »

En ce début de mois de juillet, comme plusieurs milliers d’autres personnes en Belgique, j’ai perdu mon emploi. Comme une très large majorité de sans-emplois, je me tourne naturellement vers notre système d’assurance chômage afin d’assurer ma subsistance. J’accepte sans broncher, mais avec appréhension, cette étiquette de « chômeur ».

Le chômeur, cet individu pour lequel nos politiques se tiraillent. Cet homme ou cette femme, centre de toutes les attentions, qui représente à lui seul l’état de santé de toute notre société et dont le nombre fait l’objet de rudes batailles et de sévères pronostics. Ce personnage qui se voit souvent associé à d’autres adjectifs tels que profiteur, assisté ou fainéant. Le chômeur est aussi parfois, ou même souvent, en fonction de vos opinions politiques, victime de sa situation.

Me voilà donc débarqué dans un univers inconnu. Et comme chaque changement exige un minimum de préparation, je m’informe et me renseigne déjà depuis plusieurs semaines sur les procédures, les modes de calculs, les documents, les délais, les obligations,etc…

Je consulte le site de l’ONEM et de mon syndicat mais j’écoute aussi les amis, et connaissances qui sont passés par là. Et à ce stade-ci, un premier constat s’impose: rien n’est clair! Certes le site de l’ONEM n’est pas avare en informations et celles-ci sont bien agencées mais il existe un tel nombre d’intervenants, de procédures, d’exonérations et d’exceptions que tout cela semble obscure au non-initié.

Une chose est sûre, d’abord le syndicat.

« Si vous désirez percevoir des allocations de chômage, vous devez […] vous présenter personnellement auprès d’un organisme de paiement de votre choix […] pour y introduire une demande d’allocations de chômage.  si vous ne pouvez obtenir en temps requis les formulaires C 4 et/ou C 6. Dans ce cas, votre dossier est incomplet et vous devez tout mettre en oeuvre pour obtenir rapidement ces formulaires. » (source: onem.be)

Le message est clair, il faut que je me présente avant tout à mon syndicat.

Ni une, ni deux, dès le second jour de la fin de ma période de préavis, je prends le chemin de mon syndicat, armé du seul document pour l’instant en ma possession, ma lettre de préavis.

Prévoyant, je décide de m’y présenter 30 minutes avant l’ouverture.

Première leçon: la patience!

43. C’est le nombre de personnes qui faisaient déjà la queue ce jour là, 30 minutes avant l’ouverture. Enfin, difficile à dire, puisqu’il n’y a pas une mais deux files dans la salle d’attente. Un panneau indique qu’une des files mène aux tickets, l’autre pas. Impossible d’en savoir plus, la foule est dense.

Je ne veux pas prendre de risque et j’opte pour la file la plus longue. Ma nouvelle « inscription » mérite certainement l’attention qu’implique l’obtention d’un ticket, non?

La file dans laquelle j’attends patiemment l’ouverture se compose de deux catégories de personnes. Mines sombres, regards vides et têtes baissées, les « résignés » représentent la majorité. Parmi eux, éparpillés, quelques « anciens » prodiguent avec bonne humeur leurs conseils aux nouveaux.

Et justement, la présence devant moi d’un ancien me permet de vérifier mes informations. L’homme me dit qu’il ne sert à rien pour moi d’être ici étant donné que je n’ai pas encore de C4. Malgré tout, je reste persuadé que ma présence est nécessaire et je fais confiance à ce que j’ai pu lire. Je décide donc de rester.

9 heure, le guichet s’ouvre. L’attente est néanmoins longue, très longue. L’ambiance est solennelle. Seul quelques jeunes enfants brisent le silence. Les mères ont beaucoup de mal à calmer leurs bambins, prises entre la poussette, les questions du conseiller syndical et les documents à fournir.

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« Interdit aux chiens et aux deux roues »

A droite, un panneau d’un autre âge indique « interdit aux chiens et aux deux roues ». Je pense à ce que doivent ressentir ces femmes et ces hommes en file indienne tels des animaux de foires en apprenant que les quadrupèdes sont interdits ici.

Non madame, tous ces gens ne font pas la file pour aller chercher une gamelle de patates bouillies. Non. Ces gens font partie des quelques 416 352 chômeurs indemnisés en Belgique (chiffres au 3ème trimestre 2013, source: statbel.fgov.be).

Tout au long de la matinée, j’ai fini par comprendre que la file dans laquelle je suis donne accès à un guichet qui, après avoir vérifié la consistance de notre dossier, nous distribue un ticket. Ce ticket permet d’attendre, assis cette fois, que vienne notre tour pour discuter de notre dossier avec un conseiller.

11 heure, plus qu’une personne devant moi avant que vienne mon tour. Soudain, un homme fait irruption dans la salle et passe devant tout le monde. Il s’adresse à la personne devant moi et la supplie de pouvoir passer devant elle pour demander une carte de contrôle vierge au guichet. L’homme porte une salopette à l’effigie d’une société de livraison. Sa camionnette professionnelle est en double file, il n’a pas le temps de faire la file dit-il. Cet homme fait, quant à lui, probablement partie des 163 687 travailleurs à temps partiel sous-employés.

Le chauffeur-livreur obtiendra finalement rapidement une carte de contrôle vierge non sans se faire sermonner sur son obligation, la prochaine fois, de faire la file comme tout le monde.

2h45 de patience

Finalement, mon tour arrive enfin. Je présente brièvement l’objet de ma visite. La conseillère syndicale ne me posera qu’une seule question: « avez-vous un C4? ». Je répond « non ». La dame me propose de revenir dès l’obtention du précieux document et de m’inscrire chez Actiris en attendant.

Ces quelques mots auront donc confirmé ce que « l’ancien » m’avait dit plus tôt. Je devrais revenir. Attendre, à nouveau. Mais ce n’est pas grave, j’ai le temps puisque dès à présent, je suis chômeur.

Suite à la partie 2.

 

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