Emploi

Aujourd’hui, je m’inscris en tant que chômeur, partie 1.

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« Le chômage peut être défini comme l’état d’inactivité d’une personne souhaitant travailler. »

En ce début de mois de juillet, comme plusieurs milliers d’autres personnes en Belgique, j’ai perdu mon emploi. Comme une très large majorité de sans-emplois, je me tourne naturellement vers notre système d’assurance chômage afin d’assurer ma subsistance. J’accepte sans broncher, mais avec appréhension, cette étiquette de « chômeur ».

Le chômeur, cet individu pour lequel nos politiques se tiraillent. Cet homme ou cette femme, centre de toutes les attentions, qui représente à lui seul l’état de santé de toute notre société et dont le nombre fait l’objet de rudes batailles et de sévères pronostics. Ce personnage qui se voit souvent associé à d’autres adjectifs tels que profiteur, assisté ou fainéant. Le chômeur est aussi parfois, ou même souvent, en fonction de vos opinions politiques, victime de sa situation.

Me voilà donc débarqué dans un univers inconnu. Et comme chaque changement exige un minimum de préparation, je m’informe et me renseigne déjà depuis plusieurs semaines sur les procédures, les modes de calculs, les documents, les délais, les obligations,etc…

Je consulte le site de l’ONEM et de mon syndicat mais j’écoute aussi les amis, et connaissances qui sont passés par là. Et à ce stade-ci, un premier constat s’impose: rien n’est clair! Certes le site de l’ONEM n’est pas avare en informations et celles-ci sont bien agencées mais il existe un tel nombre d’intervenants, de procédures, d’exonérations et d’exceptions que tout cela semble obscure au non-initié.

Une chose est sûre, d’abord le syndicat.

« Si vous désirez percevoir des allocations de chômage, vous devez […] vous présenter personnellement auprès d’un organisme de paiement de votre choix […] pour y introduire une demande d’allocations de chômage.  si vous ne pouvez obtenir en temps requis les formulaires C 4 et/ou C 6. Dans ce cas, votre dossier est incomplet et vous devez tout mettre en oeuvre pour obtenir rapidement ces formulaires. » (source: onem.be)

Le message est clair, il faut que je me présente avant tout à mon syndicat.

Ni une, ni deux, dès le second jour de la fin de ma période de préavis, je prends le chemin de mon syndicat, armé du seul document pour l’instant en ma possession, ma lettre de préavis.

Prévoyant, je décide de m’y présenter 30 minutes avant l’ouverture.

Première leçon: la patience!

43. C’est le nombre de personnes qui faisaient déjà la queue ce jour là, 30 minutes avant l’ouverture. Enfin, difficile à dire, puisqu’il n’y a pas une mais deux files dans la salle d’attente. Un panneau indique qu’une des files mène aux tickets, l’autre pas. Impossible d’en savoir plus, la foule est dense.

Je ne veux pas prendre de risque et j’opte pour la file la plus longue. Ma nouvelle « inscription » mérite certainement l’attention qu’implique l’obtention d’un ticket, non?

La file dans laquelle j’attends patiemment l’ouverture se compose de deux catégories de personnes. Mines sombres, regards vides et têtes baissées, les « résignés » représentent la majorité. Parmi eux, éparpillés, quelques « anciens » prodiguent avec bonne humeur leurs conseils aux nouveaux.

Et justement, la présence devant moi d’un ancien me permet de vérifier mes informations. L’homme me dit qu’il ne sert à rien pour moi d’être ici étant donné que je n’ai pas encore de C4. Malgré tout, je reste persuadé que ma présence est nécessaire et je fais confiance à ce que j’ai pu lire. Je décide donc de rester.

9 heure, le guichet s’ouvre. L’attente est néanmoins longue, très longue. L’ambiance est solennelle. Seul quelques jeunes enfants brisent le silence. Les mères ont beaucoup de mal à calmer leurs bambins, prises entre la poussette, les questions du conseiller syndical et les documents à fournir.

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« Interdit aux chiens et aux deux roues »

A droite, un panneau d’un autre âge indique « interdit aux chiens et aux deux roues ». Je pense à ce que doivent ressentir ces femmes et ces hommes en file indienne tels des animaux de foires en apprenant que les quadrupèdes sont interdits ici.

Non madame, tous ces gens ne font pas la file pour aller chercher une gamelle de patates bouillies. Non. Ces gens font partie des quelques 416 352 chômeurs indemnisés en Belgique (chiffres au 3ème trimestre 2013, source: statbel.fgov.be).

Tout au long de la matinée, j’ai fini par comprendre que la file dans laquelle je suis donne accès à un guichet qui, après avoir vérifié la consistance de notre dossier, nous distribue un ticket. Ce ticket permet d’attendre, assis cette fois, que vienne notre tour pour discuter de notre dossier avec un conseiller.

11 heure, plus qu’une personne devant moi avant que vienne mon tour. Soudain, un homme fait irruption dans la salle et passe devant tout le monde. Il s’adresse à la personne devant moi et la supplie de pouvoir passer devant elle pour demander une carte de contrôle vierge au guichet. L’homme porte une salopette à l’effigie d’une société de livraison. Sa camionnette professionnelle est en double file, il n’a pas le temps de faire la file dit-il. Cet homme fait, quant à lui, probablement partie des 163 687 travailleurs à temps partiel sous-employés.

Le chauffeur-livreur obtiendra finalement rapidement une carte de contrôle vierge non sans se faire sermonner sur son obligation, la prochaine fois, de faire la file comme tout le monde.

2h45 de patience

Finalement, mon tour arrive enfin. Je présente brièvement l’objet de ma visite. La conseillère syndicale ne me posera qu’une seule question: « avez-vous un C4? ». Je répond « non ». La dame me propose de revenir dès l’obtention du précieux document et de m’inscrire chez Actiris en attendant.

Ces quelques mots auront donc confirmé ce que « l’ancien » m’avait dit plus tôt. Je devrais revenir. Attendre, à nouveau. Mais ce n’est pas grave, j’ai le temps puisque dès à présent, je suis chômeur.

Suite à la partie 2.

 

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